Fatou Ndiaye et moi nous sommes rencontrées à Singapour lorsque nous y étions expatriées. Désormais créatrice de The Wonders, une communauté de femmes audacieuses ayant pour ambition de créer le monde de demain, Fatou entend partager son expertise au service d’un entrepreneuriat social.

Quelques rebondissements entre Singapour et Sidney

Fatou a un parcours hors du commun. Après avoir créé sa propre entreprise à Singapour, elle embarque pour l’Australie sur un malentendu. Censée rentrer à Singapour, les douanes locales lui refusent le droit d’entrée sur délit de faciès, malgré 4 ans sur le territoire et un visa à jour. Choquée mais pas prête à se laisser démonter, Fatou atterrit à Sydney quasi sans argent et se met à vendre des glaces.

Il vous suffirait de voir Fatou en personne pour comprendre que l’histoire n’allait pas s’arrêter là. Fatou rebondit et décroche un job dans son domaine d’expertise : le commerce international et consulting export.  Cette expérience est un tremplin et lui ouvre les portes de KPMG Australia où elle restera 2 ans.

Fatou, la tornade

Elle participe à un hackathon où son projet de plateforme digitale pour l’écosystème du commerce international est sélectionné. Elle le met en place en embarquant des clients étatiques, devient conférencière… Intéressée par la problématique des technologies émergentes au service des organisations, Fatou est même sollicitée par les Nations Unies. Elle intervient alors en tant qu’experte pour parler de la blockchain dans le cadre du commerce international, en alignement avec les Objectifs de Développement Durable de l’ONU.

Bien que Fatou apparaisse comme une véritable force de la nature, elle avoue souffrir du syndrome de l’imposteur et d’une pression supplémentaire : Fatou m’explique que dans un milieu corporate où peu de personnes lui ressemblent, elle se sent le devoir d’exceller car elle “représente toute la minorité”. Alors qu’elle s’apprête à présenter son expertise à l’ONU, un blagueur lui demande si c’est elle, la chanteuse de jazz de l’évènement…

The Great Village, un tremplin pour les projets à impact positif

De retour en France et loin du faste de la vie d’expat’, Fatou souhaite donner plus de sens aux projets qu’elle entreprend. Infatigable meneuse de projet, elle lance alors, avec son associée Maud, Great Village : un incubateur coopératif pour entreprises et startups engagées. The Great Village est une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif) de 2000 membres qui repose sur le troc de ressources. Oui, vous avez bien lu, pas d’échange marchand. Je reformule alors en demandant à Fatou si les membres échangent leurs compétences “gratuitement”.

Non, ce n’est pas gratuit! Cet échange repose sur une monnaie virtuelle que Fatou et Maud ont décidé d’appeler “Great Vibes”. Sympa! Le but de Fatou et Maud est ici de créer une communauté d’échange de compétences pour un monde plus durable et plus inclusif. Leurs valeurs? Humanisme, audace, résilience et optimisme. The Great Village est incubateur partenaire de la French Tech, du Centre de Recherche Interdisciplinaire, de WeWork, soutenu par les Nations Unies et travaille avec Makesense. Plus d’infos ici pour “transformer votre rêve altruiste en entreprise durable”!

The Wonders, révéler des femmes, actrices du changement

The Wonders est un projet né au sein de The Great Village. Si The Great Village repose sur la connexion, The Wonders repose sur la révélation!  Riches des connexions et des apprentissages apportés par The Great Village, The Wonders se sont réunies pour mettre en lumière d’autres femmes. The Wonders propose un programme de révélation de 21 semaines. Cela consiste en défis hebdomadaires autour de “l’empouvoirement et la co-création par le collectif”, comme le dit Fatou.

En partenariat avec Kedge Business School et ChangeNow, The Wonders présente également le prix “Femmes d’impact”. Elles élisent 8 lauréates par an, artistes, intrapreneuses ou entrepreneuses! N’hésitez pas à jeter un oeil au site. Vous y retrouverez une approche dynamique et une rhétorique de coaching à l’anglo-saxonne inédite! Pour porter ce projet plus haut, elles sont d’ailleurs reçu une bourse de la French Tech.

Fatou Ndiaye compte 5 entreprises à son actif, et ce n’est sans doute pas fini!

Si vous avez aimé le profil de Fatou Ndiaye, jetez un oeil à celui de Lamba Ka. Lamba travaille dans l’entrepreneuriat social au Sénégal!