Interview de « La Meuf qui » syndrome d’une génération pourrie gâtée

Hello les copines, vous avez sûrement déjà lu l’article de “la meuf qui” sur notre génération (si non alors lisez-le, en tout cas on est pas mal à se reconnaître dans au moins un paragraphe).

Une génération –pourrie gâtée perdue freelance Airbnb expat spleen 4.0 – qui a trop de choix, a qui on a répété que tout était possible et qu’il fallait faire ce qu’il nous plait. Mais voilà trop de questions existentielles pour une seule personne de moins de 30 ans !

Nous partons donc à la rencontre de cette “meuf qui” parce qu’on a trouvé son analyse très juste, sans prétention, elle a su mettre les mots sur un phénomène bien plus étendu qu’on veuille le croire.

On fera donc cet interview sous un format “Extrait – Question/Réponse” histoire de pas vous endormir en route !

Hello La meuf qui ! Peux tu nous en dire plus sur ton blog et comment tu en es venue à écrire cet article ?

Hello les copines ! J’ai créé le blog lameufqui.fr il y a 3 ans parce que mes amis me disaient depuis quelques années que je devrais avoir un blog mode. Quel rapport ? Je me suis dit que je ne voulais pas rajouter un énième blog mode « sur le marché » et que je devais trouver un concept original. J’ai donc réfléchi plusieurs mois à un truc qui me permettrait de m’amuser et l’idée d’un blog avec des chroniques cyniquo-marrantes qui commencent toutes par « La meuf qui… » est arrivée comme ça. Désormais depuis début 2016 je diversifie mon blog en abordant des sujets « lifestyle », la catégorie ‘La meuf qui’. Le premier article sorti après les chroniques des ‘meufs qui’ est d’ailleurs celui dont on parle aujourd’hui.

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Extrait 1 “ j’ai 30 ans et depuis quelques années je ne suis plus sûre de rien (l’ai-je jamais été ? Le sommes-nous jamais vraiment ?) : je suis comme paralysée par la peur de faire les mauvais choix, et par conséquent en attendant je fais du sur place. On nous demande de choisir une orientation avant même de perdre notre virginité, puis on nous somme de rêver en grand, en nous assénant à longueur de journée que si on travaille assez dur, tout ce qu’on souhaite peut se réaliser”

Peux-tu nous raconter dans quel contexte tu as choisi ton orientation et pourquoi à 30 ans tu as l’impression de faire du surplace ?

Déjà à l’époque j’ai dû prendre une année sabbatique après mon bac+2 pour avoir le temps de faire « le bon choix », pendant laquelle j’ai travaillé dans la pub et pris des cours de journalisme par correspondance en même temps. Je voulais faire une école de mode (marketing du luxe) ET en même temps de journalisme ET mon père me poussait à faire une école de commerce « parce que tu pourras tout faire après ».

J’ai donc passé les concours pour les écoles de commerce sans entrain et comme j’ai été prise dans une des meilleures je ne pouvais plus reculer… Au final chaque micro décision ensuite m’a éloigné de mes envies profondes (des stages qui conduisent à des jobs qui n’ont pas été pour la plupart assez créatifs ou artistiques à mon goût). Je me sentais toujours bridée et frustrée par ma hiérarchie à l’ancienne, j’avais envie de faire bouger les choses mais je ne pouvais le faire qu’à mon échelle, et encore…

L’idée de « construire une carrière » de cadre ne m’apparaissait pas attirante ; j’ai besoin d’autre chose, quitte à moins gagner ma vie mais en faisant ce que j’aime, de manière indépendante et pour moi.

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Extrait 2 “Chaque jour notre cerveau est abreuvé de dizaines de milliers de messages inspirationnels, de TED talks, de citations sur le succès, d’images, de vidéos, de portraits de gens qui ont réalisé leurs rêves… Alors forcément si on est un minimum ambitieux, on se dit pourquoi pas nous, on veut notre part du gâteau”

Penses-tu que le problème de notre génération c’est d’être né(e) dans l’ère des réseaux sociaux et de la vie “rêvée” des autres ?

Je ne dirais pas que c’est un problème, mais c’est certainement un paramètre dont les autres générations n’avaient pas à se soucier ou à subir. Je ne suis pas passéiste, j’adore internet et tout ce que ça apporte ; je suis d’ailleurs sur presque tous les réseaux sociaux donc je ne crache pas dans la soupe. Mais effectivement ceux-ci ont fait passer la vie privée dans la sphère publique et la vie que les gens exposent n’est pas toujours le reflet de leur vraie vie, elle est forcément édulcorée car on veut se montrer sous son meilleur jour. Du coup on nourri des déceptions et des frustrations quand on observe la vie des autres que l’on croit mieux que la sienne, alors que ce n’est pas toujours vrai (il n’y a qu’à voir l’exemple d’Essena, l’instagram famous qui souffrait de ce gap entre la vraie vie et son image parfaite).

En ce sens, l’herbe est toujours plus verte ailleurs et on court sans cesse après un nouvel idéal, toujours insatisfaits.

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Extrait 3 On doit faire face au brouillard continuel sur la ligne d’horizon. Nous avons grandi dans l’ère du freelance, des slasheurs, d’Airbnb, de la congélation d’ovocytes, de l’instantanéité pour la bouffe, le sexe, les transports. Tout est mouvant, modulable, nexté, instable et jetable en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Quels sont tes conseils pour voir “dans ce brouillard” ?

Alors là, j’en aurais bien besoin de conseil déjà avant d’en donner ! Mais ce que j’essaye de faire en ce moment pour y voir plus clair c’est de prendre le temps de me poser pour revenir aux fondamentaux. En voyant autre chose, en sortant de ma zone de confort en voyageant à la dure dans un pays du tiers monde j’espère réussir à définir réellement ce qui me rend le plus heureuse et essayer d’en faire mon activité à plein temps, sans me disperser comme j’ai pu le faire auparavant et en allant au bout de ce que j’entreprends. Après 3 semaines sur la route et des dizaines de rencontres enrichissantes, je crois avoir défini mon projet à court et moyen terme. Donc ça fonctionne ! C’est fou comme raconter sa vie à des inconnus tous les jours nous en apprend sur nous même, et puis on reçoit des conseils qui s’avèrent souvent précieux ! Que ce soit une anglaise de 40 ans dans la finance, un marin américain de 20 ans, une autrichienne biologiste de 35 ans, une australienne en PHD de neurosciences de 23 ans, ou une architecte canadienne de 29 ans, et tant d’autres, tous m’ont apporté une nouvelle vision.

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Extrait 5 “Mon ordinateur était devenu la caverne d’Ali-Baba, une porte ouverte sur le monde de toutes les boutiques de fringues de l’univers dont le sésame était ma carte visa à débit différé. Je comblais un vide existentiel, une insatisfaction de ma condition frustrante et je grappillais quelques minutes supplémentaires de bien être placebo à chaque fois que le livreur sonnait à ma porte les bras remplis de colis. Car au final on achète pour la promesse d’un avenir radieux, un « Je serais plus heureuse avec cette robe ».

Sauf que, breaking news : c’est faux.
Rempli toi le coeur avant de remplir ton armoire meuf.
N’achète pas le dernier iPhone mais des billets d’avion à la place. »

Voyager serait-il le seul véritable échappatoire pour se “(re)trouver” ? Cependant est ce qu’on ne revient pas encore plus éloigné de cette “routine” dont on ne veut pas ? Que penses-tu du “blues” du retour ?

Effectivement c’est un risque. Je pense déjà à mes prochains voyages, je n’ai qu’une idée, continuer à voyager ! Après, c’est un équilibre à trouver. Certains s’arrangent pour être des « digital nomads » et travailler d’où bon leur semble, d’autres voyagent 6 mois dans l’année en étant saisonniers, d’autres ne partent que 2 semaines l’été car ils préfèrent avoir un endroit fixe où vivre… Par exemple j’ai rencontré dans un camp de hippies une jeune américaine qui vit à Manhattan et qui travaille dans la finance : elle est arrivée pour 10 jours avec un petit baluchon, et m’a expliqué qu’elle a négocié dans son contrat d’avoir 1 semaine à 10 jours de vacances tous les 2 mois pour faire des voyages 6 fois dans l’année alors que les américains n’ont en moyenne qu’à peine 2 semaines de congés par an. On peut toujours trouver des arrangements !

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Extrait 6 “C’est notamment pour cette raison que j’ai décidé de partir seule 2 mois dans une région du monde dont je ne parle pas la langue et où le confort sera plus que sommaire. Pour retrouver l’essentiel. Être collée au mur par ce qui fait notre essence vitale. Me nourrir, me remplir de vérité. De rencontres qui sont de celles qui changent une vie, de gestes sincères, de bienveillance désintéressée.”

Peux-tu nous raconter ton projet de voyage ?

Il n’y a pas vraiment de projet, à part traverser seule du nord au sud le Nicaragua, le Costa Rica et le Panama. Si projet il y a, c’est d’apprendre l’espagnol et de kiffer. C’est aussi mon premier vrai voyage seule et en mode routard. Avant j’avais un côté princesse mais maintenant je dors dans des huttes avec des lézards comme compagnons sur de la terre battue et je prends des bus dans lesquels je suis la seule gringa !

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“Je crois que mon expérience est assez représentative de la génération zapping «Je-commence-plein-de-choses-mais-je-ne-finis-rien». Je me suis éparpillée, je n’ai pas su canaliser ma créativité.”

As-tu des conseils à donner aux copines pour réussir à aller au bout des choses

Je pense que tout réside dans la peur. La peur est paralysante. S’en débarrasser, c’est avoir le courage de finir quelque chose et donc potentiellement de le rater.

Quand on ne fini rien il y a toujours la possibilité que ce soit un chef d’œuvre inachevé ! On ne se confronte pas à l’échec. Or il le faut pour avancer, grandir et devenir meilleur. La clé est donc de foncer sans douter et de rester focus sur un seul but, en avançant de manière itérative. Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Il faut par conséquent savoir être patient et ne pas se décourager.

 

“Aujourd’hui pour il y a plus de points communs entre les jeunes sud africain, américain et un français qu’entre un jeune français de 25 ans et babyboomer français de 55 ans”

“Cette génération qui a le savoir dans sa poche, l’extension de son cerveau à porté de main, change le rapport à l’autorité, au statutaire, à l’entreprise.”

“Rapport sacrificiel avec le travail : la majorité des français n’aiment pas travailler, ils ne kiffent pas du tout, c’est pas du tout un accomplissement d’aller au boulot, on vit pour les RTT on vit pour les weekend, les vacances et surtout on vit pour la retraite. On perd sa vie à la gagner. La génération Y dit non car l’entreprise ne pourra jamais promettre ou permettre cette sécurité psychologique et matérielle de se projeter sur le long terme, qui fait qu’on peut parfois accepter de ne pas kiffer.”

“Aux états-unis il y a plus de freelance que de CDI.”

Ton ressenti sur cette vidéo ?

J’ai beaucoup aimé cette démonstration, il y a beaucoup de vrai. Effectivement on souhaite être le plus libre possible et profiter au maximum de notre vie sans rien sacrifier : ni notre santé, ni notre bien être psychique, ni notre temps. Et surtout on veut créer notre destin et non le subir.

Un dernier mot pour les copines ?

On est tous dans le même bateau, alors on respire et on fait de son mieux, le principal c’est d’être là et de vivre le moment présent de la meilleure manière après tout ! Il faut moins se soucier du futur, même si c’est difficile.

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Souhaites-tu garder ton anonymat ? Si oui pourquoi ?

Oui car mes chroniques sont parfois crûes et je ne souhaite pas que ma famille ou des personnes du monde professionnel les lisent. Mon dernier travail était pour un grand magazine féminin, ça aurait pu faire désordre d’associer mon identité à ces textes.

Merci pour tes réponses. On te souhaite un bon voyage et on espère que tu sauras t’y retrouver ! On a hâte d’avoir de tes nouvelles pour faire le bilan suite à ton expérience.

En attendant on retrouve les chroniques décalées et fun sur “lameufqui.fr” :

NOS ARTICLES PREFERES…

https://lameufqui.fr/la-meuf-qui-est-youtubeuse/
https://lameufqui.fr/meuf-trop-bu/
https://lameufqui.fr/meuf-bosse-mode/

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